Ce matin là, je me plongeait dans cette eau si limpide,
Dans l'eau claire d'un tout petit ruisseau,
Tu n'imaginais pas, qu'avec aussi peu d'Eau,
L'Eau d'un simple Ruisseau,
Tout pourrait se produire même l'inimaginable.
Et pourtant
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Depuis le fond de l'eau, moi qui n'ai rien à faire,
Je contemple les cieux - ces monceaux de lumière
Qui me parviennent, à travers les vagues mouvantes.
Et je crains chaque fois, voyant venir l'aurore,
Qu'un bateau téméraire, toutes voiles dehors,
N'accroche mon cadavre et le remonte à l'air.
Moi, privé à jamais du spectacle éphémère
Des radieux phénomènes, brefs- oui ! Mais éternels...
Moi, l'oeil témoin, Moi, l'ancien garde des eaux,
Moi, privé du liquide linceul de mes os... Plus qu'un bon vieux cadavre
,
Plus que l'humus terreux...
Adieu.
Le Jour ouvre la vie de sa paume d'orfèvre,
Large comme un canyon et striée de rivières,
Tandis que des branchages antiques sous le vent
Bruissent, puis brassent l'eau en filets de courant.
Mais c'est le crépuscule que je préfère à tous :
Cet instant laminé où se perdent en corolles
Mille chaudes couleurs, des souvenirs créoles,
Des promesses exotiques sur l'eau illuminée...
Tu me racontais l'Eau et sa Douceur,
J'écoutais l'eau qui s'endormait,
Naviguant sur le lac endormit, silencieux,
Je flottais entre deux infinis,
Alors pour que le tableau reste parfait à jamais,
Je décidais de m'abandonner à cette eau,
A jamais,
et je me laissais ainsi bercer par ses courants,
Elle connaissait déjà tout de moi,
Je connaissais déjà tout d'elle,
Je l'écoutais noyée dans un bonheur immense,
Je l'écoutais noyée dans cette immensité,
Telle une goutte d'eau dans un océan.
Au départ cette eau n'était qu'une simple rivière,
Elle a vécu et a bien grandi.
Ce dimanche 21 Mars 1997,
aura été le plus beau jour de ma vie.
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